Les coulisses de la nouvelle application Lydia 10

12 février 2021

Lydia a fait peau neuve récemment : la nouvelle version de l’application, lancée fin décembre 2020, marque un tournant important tant dans ses possibilités d’usages que dans l’ambition que se donne l’entreprise.

Je suis Félix, Designer Produit chez Lydia, garant en quelque sorte de la bonne expérience utilisateur de l’application. Une bonne expérience pour moi, c’est quand vous faites votre action (chez nous : payer un proche, créer une cagnotte, faire un virement…) sans avoir à brûler de matière grise, et en esquissant, pourquoi pas, un léger sourire.

En plus de travailler là-dessus, j’ai à cœur de rendre l’application utile et surtout de plus en plus utilisée. C’est la raison principale de la naissance de cette nouvelle version.

A travers cet article, qui fait office de mémoire (j’espère adorer le relire dans 10 ans), je raconte avec sincérité l’histoire de cette évolution, de son origine à certaines de ses spécificités. J’ai aimé porter ce projet, pendant 1 an et demi dans ma tête puis le développer en 2 mois seulement avec l’équipe mobile.

L’histoire

4 années que l’application n’avait pas subi pareille évolution. Et non, ça ne veut pas dire que nous n’avons rien fait depuis tout ce temps, loin de là. Cependant, vous pourriez le penser et vous allez voir, c’est bien là le fond du problème.

Nous avons conçu beaucoup de choses pour mieux répondre aux besoins du quotidien, dès lors qu’il s’agit d’argent ou de services financiers. Au fond, je sentais bien qu’un positionnement différent se dessinait petit à petit, on n’allait pas rester la simple application de paiement mais en quelque sorte un véritable hub financier. À titre d’exemple, durant ces 4 dernières années, nous avons créé :

– La carte Lydia (physique et virtuelle) et l’IBAN
– Les cagnottes Lydia
– Les comptes partagés et communs
– Le prêt instantané
– Les dons à des associations
– L’affichage de ses banques dans Lydia

Mais en ouvrant l’application, on tombait toujours sur ça :

Alors, on ne va pas trop vite blâmer cette ancienne interface, elle a été un pilier dans le succès de Lydia pour l’usage “paiement entre proches”. En effet, elle va droit au but, elle est souvent baptisée “No brainer” pour sa capacité à pouvoir être utilisée sans réfléchir (à l’image de Shazam : quand on ouvre l’application, il n’y a pas d’ambiguïté sur l’action à faire). Plus sérieux, on utilise aussi le terme « affordance », qui par définition est la capacité d’un objet (ou interface) à suggérer son usage. L’exemple le plus parlant est celui de la théière : on saisit tout de suite que la poignée est là pour tenir l’objet sans se brûler.

Cependant, cette ancienne interface mettait bien trop en retrait le reste et nous étions, presque victimes de notre succès. En effet, les utilisateurs ne voulaient entendre parler que d’une seule chose : le “paiement entre proches”. Le bouche à oreille ne se faisait qu’autour de ça et après quelques recherches, nous avons saisi un sentiment particulier chez l’utilisateur : dès lors qu’il maîtrise parfaitement une fonctionnalité, il se retrouve facilement réticent à l’idée de se risquer à utiliser autre chose, par peur de ne plus maîtriser le produit. Par exemple, certains utilisateurs nous ont avoué préférer créer des Cagnottes ailleurs, quitte à payer 2x plus de frais que sur Lydia. Ça secoue et c’est quand même très inquiétant quand on s’apprête à bâtir une super-app incluant une multitude de services ! Par ailleurs, je pense que ce sentiment n’est pas propre à Lydia mais est généralisé. Au fond c’est classique, on peut rapidement avoir tendance à ne pas vouloir sortir de sa zone de confort.

Une autre phrase qu’on entendait régulièrement et qui a aussi motivé cette refonte était littéralement “Ah, je ne savais pas que vous faisiez ça, trop cool.” La facilité d’accès à nos fonctionnalités était ici pointée du doigt, les utilisateurs ne tombaient pas assez nez à nez avec. C’était fort problématique quand on sait que ces mêmes fonctionnalités sont les mieux placées pour affirmer notre nouveau positionnement et les plus légitimes à mener à un abonnement payant Lydia. Pour notre défense, il est vrai qu’on souhaitait parfois ne pas mettre trop en avant certaines fonctionnalités, voire à les cacher un peu, dans le but d’avoir des premiers retours rapides pour améliorer le produit avant de communiquer dessus.

De tout cela, la nouvelle version de Lydia a commencé à se matérialiser dans ma tête. Il était temps de prendre des risques, en remettant en question une application qui était à son apogée sur le paiement entre proches pour assumer et communiquer qui on voulait vraiment être, à savoir la super-app des services financiers, qui réinvente le compte courant et commun.

Concrétiser la vision

Premier croquis de la vision en 2018

On ne décide pas du jour au lendemain de travailler sur de la vision long terme, ou de se dire “aujourd’hui je fais 2 heures de vision”. Selon moi, il s’agit d’un travail à long terme, impliquant beaucoup de discussions, d’échanges avec les utilisateurs, de recherches, d’analyses de marché, du contexte social, de signaux faibles…

Une fois que la vision “super-app” fut élucidée, il fallait la matérialiser. C’est à ce moment-là que j’entre plus que jamais en jeu et que j’entreprends prototype, test et recherche utilisateur. En résumé, la nouvelle version que je devais valider et concevoir avait comme objectif de mettre en lumière les incontournables du monde bancaire (notre carte, notre IBAN) afin d’affirmer et de dévoiler notre nouveau positionnement directement à travers le produit. J’avais carte blanche, mais sans pour autant perdre notre force sur l’activité sociale du quotidien avec les paiements entre proches et les cagnottes.

1 • Mettre les incontournables de la banque à la une

Nous avons cherché à exposer clairement notre positionnement au travers des 3 premiers onglets de l’application. Ils se composent des piliers de la banque : Un compte, une carte un IBAN. On ne convertira sûrement pas tout le monde, mais au moins le message passe : à chaque ouverture de Lydia, pour faire un paiement à un proche, l’utilisateur lit indirectement “Ah oui Lydia c’est aussi un compte, une carte et un IBAN”.

Les 3 onglets « Carte, Compte, IBAN »

2 • Revenir à des standards

Pendant longtemps, j’ai cherché à casser certains standards, faire beaucoup de “custom” (“fait maison”) comme on dit avec les équipes mobiles, afin de singulariser notre produit et marquer le coup, à l’image de notre ancienne navigation qu’on peut voir sur l’écran plus haut. Cependant, du standard et certains automatismes universels étaient nécessaires à notre étape de développement, nous avons tout de même plus de 5 millions d’utilisateurs. Fini de jouer, notre singularité passera davantage dans certains détails comme le glisser-déposer pour faire un transfert d’argent.

De plus, l’utilisation d’une navigation sur le bas de l’écran et des titres à chaque onglet améliore considérablement l’accessibilité et la compréhension de notre produit. Aussi, utiliser un fond clair transmet un message particulier par rapport à un fond coloré selon moi. En effet, une application à fond coloré peut sonner davantage “gadget”.

3 • Rester l’application référente pour le social au quotidien

Un solde, un historique de transactions, une carte et ses paramètres : notre application devient une véritable application bancaire au premier coup d’œil. Il était donc important d’accentuer certains marqueurs “d’app sociale”. Pour cela, nous avons créé le glisser-déposer depuis un compte pour payer un proche. Lors de cette interaction, nous affichons vos « 4 meilleurs amis Lydia »sur le bas de l’écran, le constat étant qu’une grande majorité de nos transactions se font avec un cercle restreint de proches. Pour également appuyer le fait que nous sommes aussi l’application sociale de paiement, nous avons ajouté la photo des membres sur les comptes partagés, rendu toujours accessibles, peu importe l’onglet, les boutons « Payer & Recevoir » et enfin positionner la création de Cagnotte depuis le bouton « Recevoir ».

Nouvelle interaction « Glisser-Déposer » pour payer un proche

Tout cela me fait penser à un débat très passionnant que nous avons eu et que j’ai eu la chance d’évoquer directement avec les actionnaires et investisseurs de l’entreprise. Pourquoi ne pas scinder l’application en deux, avec une app pour l’usage paiement entre proches uniquement, donnant accès au téléchargement d’un Lydia plus puissant qui contiendrait tout l’usage super-app et compte-courant. Nous n’avons pas retenu cette option. Il est très dur de faire télécharger une application et la couper en deux aurait été au fond un aveu d’échec. Mais le débat reste ouvert et nous recherchons toujours de nouveaux talents pour remettre nos choix en question. Voir nos offres

En définitive, ce fut un projet passionnant à mener mais il est loin d’être terminé, je suis désormais très à l’écoute des ressentis, des appréhensions ou frictions des utilisateurs et de mon entourage. Cette nouvelle version n’est qu’une simple base pour nous permettre de matérialiser notre vision et créer la super-app des services financiers. Mais au fond, j’espère qu’elle sera une base solide pour accueillir nos futurs projets des 4 années à venir.

👋 Remerciements tout particulier à l’équipe Android & iOS : Michaël, Tommy, Etienne, Julien, Hugo et Yassin sans qui cette version n’aurait jamais vu le jour, quelques temps avant 2021. Merci également à Antoine, CPO, de m’avoir laissé mener ce projet stratégique.

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