Notre vision des services financiers pour les particuliers

Cet article est la retranscription d'une présentation stratégique faite par Cyril Chiche, Président de Lydia, aux collaborateurs de l'entreprise, le 5 juillet 2017. 

« Les services financiers évoluent à grande vitesse depuis quelques années et nous contribuons, avec les autres fintech, à en faire bouger les lignes.

Lydia vient de fêter ses 4 ans, aussi il me semblait important de vous résumer ce que j'ai pu observer des mutations du marché de la banque de détail pour les particuliers au cours de cette période, mais aussi notre vision de celui-ci et notre rôle, dans les toutes prochaines années.

Jusqu’à récemment les services financiers aux particuliers étaient divisés en deux couches principales :

  • Les “rails” ou “tuyaux” utilisés par tous pour faire circuler l’argent. Il s’agit aussi bien des réseaux de cartes (Visa, Mastercard, American express, etc.) que des systèmes de virements/prélèvements régionaux ou internationaux (SEPA, Swift, etc.)

  • Les banques et assurances qui géraient à la fois la conception/production des produits et leur distribution auprès de la clientèle.

Mais les modes de vie, surtout pour ceux nés à l'ère du mobile, requièrent des services de plus en plus rapides, accessibles tout le temps et partout, dans lesquels l’utilisateur a le contrôle sur ce qu’il utilise et consomme.

L’accès est devenu aussi important que le produit consommé et les applications se doivent donc d’être particulièrement fluides et efficaces, notamment car elles sont désormais immédiatement comparées à ce qui se fait de mieux dans le monde.
Le service de Trainline, avec l’achat de billets de train, est un exemple édifiant de ces tendances.
Ce même niveau d’exigence s’applique maintenant également de manière croissante aux services financiers.

Ce n’est pas nouveau mais plus rapide, plus violent, et cela se pose de manière très complexe dans ce secteur car les systèmes d’information, les procédures, la réglementation et même les organisations des grandes banques et assurances n'ont pas été conçus pour cela. Certes ces grandes entreprises travaillent activement et depuis des années déjà à la digitalisation de leurs services, mais digitaliser un existant est un tout autre exercice que de concevoir un service numérique et mobile, nativement.

Cette situation a pour conséquence de faire se fissurer le modèle traditionnel en deux couches pour faire apparaître un modèle en trois couches :

  • Les rails, toujours, qui évoluent vers plus de temps réel et d’adaptation au monde mobile

  • La production de “produits bancaires et assurantiels” et le coffre-fort (protection des dépôts), qui eux resteront probablement entre les mains des banques et assurances, notamment pour des question réglementaires et de besoins très élevés en capital

  • La distribution, massivement digitale, qui devrait se répartir entre deux types d’acteurs complémentaires que sont :

    • Les NextGen accounts ou Comptes Nouvelle Génération, concentrés sur les opérations courantes (paiement, gestion de compte), auront aussi en charge la distribution des produits de type crédit consommation, épargne disponible et assurance. Ils seront mobiles, temps réel, centrés sur les usages, entièrement pilotés par les utilisateurs et évidemment sécurisés par des moyens tels que la biométrie. L’Intelligence artificielle et la blockchain y auront toute leur place.

    • Les service de conseil, PFM (Personal Finance Manager), concentrés sur les opérations ponctuelles auront en charge les activités de conseil en placement et la distribution des produits d‘investissement au sens large et des crédits liés à des investissement (dont le crédit immobilier). Là encore, l’intelligence artificielle aura un rôle majeur à jouer.

Dans ces deux cas, les business models seront très vraisemblablement hybrides, mixant des frais ou abonnements perçus auprès des utilisateurs, dans un modèle freemium, et des commissions versées par les producteurs au titre de la distribution.

La France dispose de nombreux atouts dans cette recomposition du paysage à la fois grâce à des banques solides et grâce à un tissu très significatif de belles startups Fintech/Insurtech, fruits de l’excellence des formations françaises en mathématiques/ingénierie et d‘un savoir faire reconnu mondialement en finance.

Nous pouvons être fiers d’être à l’avant-poste de cet écosystème, tant en direct, avec Lydia, que via notre participation à l’association France Fintech. Notre objectif pour les prochaines années est clair : être l’un des leaders européens sur l’activité NextGen Accounts.

La confiance de près d’un million de Français rend ce rêve plus atteignable que jamais mais le chemin ne sera pas pour autant un long fleuve tranquille. Nous avons notre destin entre nos mains, à nous d’écrire les prochaines pages en lettres d’or.

Let’s make history! »